Anne-Marie AFEICHE - Directrice du musée nationale de Beyrouth

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Marqué par les stigmates de la guerre civile libanaise, le musée national de Beyrouth nécessite encore d’importants investissements pour sa rénovation. Dans ce cadre, il fait appel à de nombreux mécènes étrangers. Sa directrice, Anne-Marie Afeiche nous expose les enjeux du mécénat pour son institution.

Le musée national de Beyrouth fait-il appel à du mécénat ?

Oui, mais de manière très spécifique. Sous tutelle de la Direction Générale des Antiquités et du Ministère de la Culture, le musée national de Beyrouth n’est pas une entité indépendante, et ne dispose donc pas d’un budget propre, mais un budget global avec la DGA. Le mécénat s'est développé sous forme d'aides ponctuelles et des prestations de services. Elles doivent toutes être acceptées en Conseil des Ministres après soumission du Ministère de la Culture.

Vous ne faites donc appel qu’à des soutiens ponctuels, et non des liens pérennes…

L'aide du gouvernement italien, qui en 2010-2011 a financé un projet de restauration, à hauteur de 200 000 euros, des fresques d'une tombe romaine que nous conservons, a débouché sur un autre projet. La réussite de la restauration et la parfaite collaboration entre la DGA et le Bureau de Coopération italienne à Beyrouth ont alors favorisé l'extension de l'aide financière à la rénovation de la totalité du sous-sol du musée. On parle alors d’un soutien de 1,02 million d’euros entre 2014 et 2016. Sinon, d'autres aides ponctuelles libanaises ont également contribué à la reconstruction du musée. Les plus importantes sont le support de la Fondation Nationale du Patrimoine, notamment entre 1995 et 1999 pour la réouverture de 2 étages du musée, et l'aide, durant les mêmes années, de l'association « The Lebanese British Friends of the National Museum », pour la réhabilitation du laboratoire de la DGA.

Pourquoi faire appel à des partenariats internationaux ?

L'avantage de la mise en place de partenariats internationaux est la mise à disposition de compétences étrangères qui n'existent quelquefois pas au Liban. A titre d'exemple, un accord entre la DGA et la Fondation Suisse Abegg, spécialisée dans la restauration de textiles anciens, va nous permettre de restaurer et conserver les tissus anciens de notre collection, dans les 4 années à venir.

Dans les échanges que vous pouvez avoir avec vos confrères étrangers, la France est-elle à vos yeux, plus qu'un autre pays à même d'aiguiller le musée sur la manière de lever des fonds? 

La France reste un partenaire privilégié. Mais aujourd'hui, nous n'avons pas une politique de levée de fonds systématique et annuelle. Ce sont des aides ponctuelles qui sont offertes et qui coïncident avec les besoins du musée national.

 

 

SARAH HUGOUNENQ.