#Témoignage : La fondation de la ville de Cannes

Laboratoire d’idées sur le mécénat territorial, la ville de Cannes, par la voie de Franz-Arthur MacElhone, responsable de la fondation municipale, nous présente ses orientations en la matière. Après avoir créé un fonds de dotation, la cité amplifie son action par la création d’une fondation, début 2017. Les projets financés sont issus de domaines variés : solidarité, éducation, culture, environnement et développement, grâce à l’engagement de sept financeurs : Balitrand (leader régional dans les matériaux pour le bâtiment), la Caisse d'Epargne Côte d'Azur, le Centre Leclerc de Cannes et Anny Courtade, Thales Alenia Space ou encore la SEMEC (qui exploite le Palais des Festivals).

 

Pourquoi la ville de Cannes s’est-elle lancée dans le mécénat territorial ?

Partant du constat structurel que de fortes disparités existaient dans notre ville, et ce dans un contexte de raréfaction de l’argent public, l’idée d’un fonds de dotation mêlant l’initiative politique et privée a germée. Notre maire, David Lisnard voulait inclure tous les Cannois dans une approche participative et pro active, les pouvoirs publics n’ayant plus le plein monopole du financement des activités d’intérêt général.

 

Quelle place est laissée aux entreprises ?

Les acteurs économiques locaux sont moteurs dans cette dynamique. C’est l’occasion pour eux d’œuvrer directement pour leur territoire sur les sujets qu’ils savent importants. Sans se substituer aux initiatives des pouvoirs publics, nous sommes complémentaires. Les mécènes désireux de voir certains projets se réaliser peuvent les financer, sans les imposer au contribuable.

 

Pourquoi avoir choisi de transformer votre fonds de dotation en fondation ?

La première raison est relative à la plus grande notoriété et visibilité du concept de fondation comparée à celle de fonds de dotation. C’est en second lieu la possibilité de proposer à nos donateurs la possibilité d’une réduction fiscale sur l’ISF à hauteur de 75% au côté des traditionnels impôts sur le revenu (66%) et impôt sur la société (60%). Enfin, la fondation décide elle-même des projets à soutenir et s’affranchit ainsi d’un certain rigorisme administratif.

 

Pourquoi la mairie conserve-t-elle un service de mécénat en interne?

C’est justement l’autonomie de la fondation qui pousse la ville à garder une antenne municipale. Elle ne s’intéresse pas du tout aux mêmes sujets et ne poursuit pas les mêmes buts. Elle s’attache en priorité à la conservation du patrimoine cannois.

 

Comment fonctionne la fondation ? Comment les projets sont-ils sélectionnés puis financés ?

Je travaille en étroite collaboration avec les acteurs aux contacts du tissu associatif cannois, mais très peu par appel à projet. Nous tenons à garder l’initiative et aller vers les projets qui nécessitent une aide à la fois urgente et dans la durée. Depuis la création de la fondation, nous élaborons une synergie entre les projets et leurs intervenants à partir d'un thème défini tous les six mois. En ce moment, il s’agit de l’éducation.

 

Sarah Hugounenq.